Spécialiste du gambling en ligne sous toutes ses formes, Philémon Stinès consacre désormais son temps au partage de son expérience aux joueurs à la recherche d'informations, de conseils ou d'avis, qu'ils soient débutants ou confirmés. S'inscrivant dans une démarche de veille technologique et innovation constante, son travail met en lumière aussi bien les aspects techniques de l'univers du jeu d'argent en ligne que ceux liés à l’expérience joueur.
Hideo Kojima, qui, il faut bien l’admettre, a largement contribué au succès de la PlayStation de Sony, s’inquiète de l’avenir vers lequel nous nous dirigeons : un modèle de plus en plus dystopique où nous ne possédons plus rien et où chaque forme de divertissement passe par un abonnement.
La semaine dernière, l’annonce selon laquelle Sony allait progressivement abandonner les jeux physiques a suscité une vague de critiques au sein de la communauté des joueurs. Une réaction qui semble peu préoccuper l’entreprise, alors que beaucoup ont compris que, même s’ils n’achètent plus eux-mêmes de jeux en version physique, cette décision révèle la direction prise par l’ensemble de l’industrie.
Souvenez-vous : à une époque, il suffisait de Netflix pour les séries et les films, et éventuellement d’iTunes pour la musique. Puis sont arrivés Amazon Prime, MGM+, Spotify, Tidal, et bien d’autres. Très vite, il est devenu impossible de trouver tous les films et toutes les séries que l’on souhaite sur une seule plateforme, obligeant les consommateurs à multiplier les abonnements. Même constat pour le sport : pour suivre son équipe chaque semaine, il faut parfois s’abonner à quatre services différents. Les détenteurs des droits préfèrent vendre leurs contenus au plus offrant, morceau par morceau, afin de maximiser leurs revenus, sans véritable considération pour l’expérience ou le portefeuille du consommateur final.
Sony est allé encore plus loin en vendant des contenus numériques à ses utilisateurs avant de les retirer purement et simplement de leur bibliothèque une fois les accords de licence arrivés à expiration, et ce malgré le fait que ces contenus aient été achetés. Le tout, sans la moindre excuse. Pourtant, nous continuons de nous abonner.
Hideo Kojima s’est désormais invité au débat. Selon lui, l’avenir des médias pourrait reposer exclusivement sur des services par abonnement. Lors du festival Il Cinema in Piazza, organisé à Rome, il a expliqué qu’il trouvait cette perspective particulièrement inquiétante.
« Si cela se produit, je ne posséderai plus les données », explique-t-il. « Une entreprise détiendra le serveur et dira : Vous pouvez ouvrir le robinet en échange d’une certaine somme chaque mois. »
« Il est tout à fait envisageable que les données ne soient plus distribuées directement. Le jour où cela arrivera, je ne pourrai plus regarder mes films préférés ni jouer à mes jeux favoris. Et c’est cela qui me fait peur. »
« Avec Netflix ou Amazon, il y a un serveur quelque part, et vous n’avez que le droit d’ouvrir le robinet. Lorsque vous l’ouvrez, les données stockées sur ce serveur vous sont transmises. »
Pour reprendre cette métaphore du robinet, l’expérience nous a également appris qu’une fois celui-ci ouvert, ce qui en sort n’est pas toujours de la meilleure qualité… et peut parfois même se révéler franchement toxique.