World of Warcraft domine le paysage des MMORPG depuis plus de vingt ans. Pourtant, selon sa direction actuelle, la franchise n’aurait pas encore atteint son plein potentiel. Dans une récente interview, Holly Longdale, vice-présidente de Blizzard et productrice exécutive, a affirmé que la licence Warcraft avait été « sous-exploitée » et devait évoluer afin de toucher un public beaucoup plus large.
Ces déclarations, rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux, ont déclenché un débat intense au sein de la communauté. Certains y voient le signe de nouveaux projets ambitieux, tandis que d’autres redoutent que « l’âme » du MMORPG soit sacrifiée au profit d’une expansion purement commerciale.
Pourquoi Blizzard veut élargir l’attrait de Warcraft
Au cours de l’interview, Longdale a expliqué vouloir rendre Warcraft accessible au plus grand nombre, suggérant que la marque devrait être « partout ». Cette stratégie semble s’inscrire dans la continuité du rachat d’Activision Blizzard par Microsoft, avec l’objectif de transformer Warcraft en véritable marque lifestyle plutôt qu’en simple jeu PC.
« C’est une licence fantastique », a déclaré Longdale. « À mon humble avis, elle a été sous-exploitée… et cela signifie faire évoluer ce que Warcraft représente, ce qu’il est, et vers où il se dirige. »
Pour beaucoup, ces propos confirment les rumeurs de longue date concernant une version console de World of Warcraft. Avec Final Fantasy XIV et The Elder Scrolls Online qui prospèrent sur Xbox et PlayStation, Blizzard verrait probablement le marché console comme la prochaine étape logique de croissance.
Un nom « intimidant » : Blizzard a-t-il envisagé un rebranding ?
L’un des passages les plus polarisants de l’interview concerne une anecdote à la fois légère — mais révélatrice — sur le nom du jeu. Longdale a mentionné qu’elle et le développeur légendaire Chris Metzen ont plaisanté sur le fait que le nom « Warcraft » puisse sembler « intimidant » pour les nouveaux joueurs plus occasionnels.
Même si Longdale a rapidement défendu le nom en le comparant au succès de Warhammer, le simple fait de suggérer que le mot « War » puisse constituer une barrière à l’entrée a irrité de nombreux vétérans. Sur X (anciennement Twitter), des figures importantes de la communauté comme Gothburz et Bellular ont critiqué cette idée, avertissant Blizzard de ne pas « brûler le Warcraft actuel en poursuivant une version qui n’existe que dans un plan à 20 ans ».
Réactions de la communauté : MMORPG ou « World of Wokecraft » ?
Sur le subreddit r/wow, les réactions oscillent entre scepticisme et frustration. Les joueurs les plus hardcore estiment que la « casualisation » du jeu — facilité accrue pour affronter de grands groupes d’ennemis et simplification des systèmes de talents — a érodé son identité.
Certains critiques pointent également le recul du conflit entre factions dans les extensions récentes comme preuve que le « War » a déjà disparu de Warcraft. Comme l’a résumé un utilisateur de Reddit :
« On est passé d’un jeu où chaque combat devait être calculé à un jeu où on peut attirer 10 mobs sans même descendre sous les 80 % de vie. Les enjeux ont disparu. »
Quel avenir pour la licence Warcraft ?
Malgré la controverse, la feuille de route de Blizzard n’a jamais été aussi ambitieuse. Avec la saga Worldsoul en cours, le studio prévoit un rythme de sorties accéléré :
- The War Within (2024)
- Midnight (prévu pour mars 2026)
- The Last Titan (annoncé avant 2030)
Au-delà du MMO, le terme « sous-exploité » laisse présager davantage de jeux mobiles, de séries animées, voire un retour aux racines RTS de la franchise. Reste à savoir si ces expansions enrichiront l’univers ou dilueront l’identité de la marque — une question cruciale pour les citoyens d’Azeroth.
À noter également : le PlayStation State of Play est diffusé ce jeudi 12 février.
